Cyril-Hanouna

Des idéaux.
Des idées hautes.
Et cela fait longtemps qu'il se fait une idée de ce qu'il voudrait être.
Lui ?
C'est Cyril Hanouna.
Il était chez Ardisson, l'autre soir.
Et il n'a vait qu'une seule trouille.
Etre un monsieur "poisse".
Pour lui, cela veut dire ne pas durer dans le métier.
Et on peut le comprendre, car avant la gloire il a connu de nombreux échecs.
Pourtant il a du talent.
Il sait écrire. Car avant d'être dans la lumière, il a connules mauvais moments de l'ombre.
Ces moments où l'on écrit et compose pour les autres.
Difficiles moments, parfois, où l'on voit le public rire à vos blagues alors que c'est un autre qui est sur scène.
Dominique Farrugia, alors patron de Comédie, m'avait dit "celui-là c'est un fou, mais un fou qui ira loin".
Une grande folie qui fait que j'avais chois à l'époque de diffuser les sketchs qu'il faisait avec Jonathan Lambert.
Je savais que je recroiserai ces deux-là.
Puis Cyril a fait son bonhome de chemin.
De chaîne en chaîne.
Il a enchaîné les bides et les demi succès.
Puis la gloire avec D8.
Pourtant, Michel Drucker, qui n'est pas un méchant en public, s'est laissé aller récemment d'un commentaire sans équivoque : " je ne suis pas sûr qu'Europe 1 ai fait le bon choix pour me remplacer".
Et ce n'est pas faux.
Même si, on peut penser qu'il y a un peu d'aigreur dans la bouche du vieil animateur au canapé rouge, si on creuse un peu on peut se dire qu'il n'a pas tout à fait tort.
Car depuis le temps que le surveille ce jeune homme, je me dis qu'au rayon pitreries c'est toujours un peu pareil.
Humour juif tunisien qui en fait des tonnes.
Jamais un instant de sérieux.
Cela me rappelle l'opposition  De Funés/Bourvil.
Des comiques tous les deux.
Mais un gras et un subtil.
Un capable de tous les compromis pour tirer la couverture à lui.
L'autre humble et soucieux de faire pleurer pour casser son image de benêt.
Cyril Hanouna c'est un peu tout cela.
Il ne grandira dans mon estime que quand je l'aurai vu avoir cinq minutes de sérieux et ne pas s'en tirer par une pirouettes, des serpentins ou un coussin péteur.
A force de trop tirer sur la corde de la déconnade, sa raquette de bon tennisman qu'il est, pourrait lâcher.
Difficile alors pour lui de renvoyer la balle.
Et de durer !