Au Bataclan...sego
Et seulement deux jours après François.
On pourrait presque dire qu'ils se connaissent tous les deux.
Quoi que...
Après avoir été loin devant lui, c'est elle qui passe après.
Présage ?
Pourtant elle est partie en campagne bien avant lui.
Histoire d'occuper le terrain.
Mais comme dirait l'autre, rien ne sert de courir...
Ségolène Royal semblait estimer qu'on ne part jamais trop tôt dans une course difficile.
Elle se dit prête à entrer dans le costume et endosser la carapace.
Mais la comparaison avec La Fontaine s'arrête là.
Contrairement à la tortue de la fable, elle ne se hâte pas avec lenteur, mais rue plutôt dans les brancards.
La carapace sera là pour se protéger des mauvais coups.
Comme elle l'a si bien dit, elle ne dira pas du mal des autres mais par contre elle subira les mauvais mots des autres.
Et comme me le disait ce soir un des mes espions du PS à l'heure de l'apèro, la météo rue de Solférino est comme celle de la France : maussade.
Carapace, elle en a besoin aussi car désormais la Madame porte sa maison sur son dos, ainsi que ses 4 enfants.
Elle a d'abord annoncé la fin de son couple avec François Hollande, puis a renvoyé les autres postulants dans leurs cordes dégageant un horizon sentimental qui s'était un peu trop télescopé avec sa campagne présidentielle.
Puis avec sa vie de femme politique.
Elle en parlait d'ailleurs avec une pointe de tristesse cet été dans un magazine. 
Désormais, elle est avec les fidèles, ceux de l'ombre en qui elle a pleinement confiance.
Ceux qui ne cherchent pas à briller et qui font tout pour ne pas exister, tout en la soutenant à bout de bras contre vents et marées.
Mon espion pourtant proche de la Madame n'en fait même pas partie..
C'est donc en femme plus libre que jamais que la présidente de Poitou-Charentes veut avancer son pion vers 2012. "J'ai envie de continuer" tout en précisant que "les militants décideront".
Elle reconnaît ses erreurs de 2012.
Mais elle reconnaît aussi avoir perdu contre Sarkozy et contre son parti.
Et pan sur la gueule de François à qui elle reproche sa défaite.
Leur échange fut cinglant au soir du deuxième tour dans le bureau, rue de Solférino.
"Alors content ? J'ai perdu. Tu as eu ce que tu voulais."
Puis ce fut le retour de Jospin pour la barrer qui fut mis sur le tapis.
Enfin ce geste catégorique de la main, "Je ne lâcherai pas, je continue".
Pourtant la Madame se défend de vouloir être "candidate à tout", mais veut imprimer sa cadence.
Elle sait que les courants au PS ne lui sont pas forcément favorables.
Interrogés sur la meilleure personnalité pour représenter le parti à la présidentielle, les Français citent en premier Hollande puis Aubry.
Ségolène Royal n'arrive qu'en troisième position, parfois en quatrième derrière Montebourg.
Mais la Madame est forte, elle s'en fout et va se remettre au travail.
Et elle tord le coup à tous en déclarant qu'elle comprend les rancoeurs : "Qu'une fille comme moi, une Bécassine, réussisse des choses là où Jospin s'est cassé les dents, je consens que cela fasse rager".
Alors de Paris à Poitiers où elle va aussi se ressourcer et se lancer dans la campagne, il n'y a qu'un pas.
1h55 de TGV.
Les allers et retrours ont repris de plus belle, comme aux grandes heures de la campagne.
Les collaborateurs de Poitiers n'ont pas arrêté de travailler.
Les mesures qu'elle voulait pour la France ont été expérimentées en région.
Y compris le SMIC à 1500 euros pour tous les agents de Région...
"Si cela marche dans ma région, pourquoi cela ne marcherait-il pas pour la France".
Tout Ségolène je dis et je renie, mais je fais.
Cela passe ou ça casse.
Après tout comme le déclarait Sophie Bouchet Petersen, l'une des très proches de la Madame, en matière de réussite mieux vaut avoir "le syndrome de la TPE, la très petite entreprise".
Et si comme le disait la chanson : "ma petite entreprise ne connaît pas la crise"...