C'est ce que je me disais, hier soir, en dévalant la pente qui me ramenait des hauteurs de Paris où j'étais allé écouter Stromae.
Il ne faisait ni trop chaud.
Ni trop frais.
Paris ressemblait à un village.
Les parisiens, hâlés par leurs vacances, traînanient aux terrasses des cafés.
Les enfants joueaient bruyament.
J'étais bien en regagnant mon appatrement.

chez-moi

Passage par le balcon.
Ceillir quelques tomates cerises.
Ouvrir une bouteille.
Prendre un verre en regardant Paris devant moi.
Je ne suis pas né à Paris.
Je suis né en France, mais d'origine d'outre Quiévrain.
Je suis arrivé à Paris par hasard.
Et je me suis mis à aimer cette ville.
Je m'y sens bien.
C'est mon port d'attache.
Même si je prends plaisir à vivre ailleurs parfois, j'ai toujours besoin de repasser par la case départ.
Par la case Paris.
Parce qu'ici, je respire.
Je vis.
Aux yeux de tous et de manière anonyme.
Caché et en pleine lumière.
Qui plus est, dans un décor que nous envie la terre entière.
Alors pourquoi se priver d'aimer Paris.
Pour cette belle lumière qui irrisait les immeubles hier soir.
Pour la qualité de vie.
Pour toute la tristesse qui s'en dégage.
Pour ce romantisme au sens noble du terme.
Pour cette violence aussi.
Pour cette pauvreté et la promiscuité des genres.
Pour l'injustice qui dévale les rues.
Bref, Paris, une ville en révolution permanente depuis 2000 ans.
Une cour des miracles perpétuelle.
Avec les riches et les beaux.
Les pauvres, les sans papier et les Quasimodo.
Les misérables.
Tous les enfants de Victor Hugo.
C'est ça aussi Paris.
C'est ma vie.
C'est ma ville.
C'est mon quartier.
C'est mon Marais.
Je m'y enfonce.
J'y surnage.
Mais je me laisse aussi couler lentement pour y retrouver le plaisir de la vie.
De la ville...