seine2mains

J'aurais voulu écrire des mots ce matin, mais voilà je me sens à fleur de peau.
Rencontres furtives, échanges d'un bar.
D'un soir.
On s'appelle ?
Puis, rien.
On singe.
on fait comme les autres.
Même les homos vont pouvoir se marier.
C'est bien.
Mais pourquoi ?
Une reconnaissance des droits après des années de bataille, certes.
Passer de la clandestinité à la normalité.
Rentre dans des petits concepts bourgeois.
Rentre le soir, retrouver l'autre.
Avoir une vie, alliance au doigt.
J'ai du mal à croire en ce concept.
Judéo chrétien.
Bourgeois.
Je ne crache pas dessus.
J'analyse.
C'est la société.
Rentre dans l'ordre.
Dans la ligne.
Sir, yes sir.
Des droits.
Mais des devoirs aussi.
Enfin, qu chacun soit heureux.
C'est tant mieux.
Moi, je reste seul sur mon canapé.
En écoutant du Hugh Coltman.
"All the lovers come and go this days."
Parfois je me rends compte que je suis en vie.
Notamment en regardant vers le passé, quand je suis rappelé à l'odre par des films sur les années 80.
Comme "Nés en 68" d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, diffusé revu recemment.
Mais que parfois la vie fait mal.
Elle reprend souvent très vite ce qu'elle vous a donné.
Il parait que c'est normal.
Puisque c'est la vie.
La loi de Murpy, dit-on !
Tu joues depuis des mois au flipper à côté d'un mec mignon, six mois plus tard il te drague.
Tu cèdes.
Une semaine après, il te jette.
Tu croises au bar un mec avec qui les coïncidences font que les points communs vont forcément t'obliger à discuter avec lui.
Tu dînes.
Tu fais l'amour.
Il te dit : "j'ai envie de te revoir".
Depuis, mon téléphone est aphone.
Plus jamais il ne sonne !
Pourtant on s'était dit des mots nouveaux.
A chaque fois, avec chacun, notre relation a été à fleur de peau.
Relation qui donne le frisson.
Une réelle sensation d'échange.
Puis plus rien.
Ainsi va la vie parait-il...
J'aime pas !
" Vienne la nuit, sonne l'heure,
Les jours s'en vont, je demeure.
Passent les jours et passent les semaines,
Ni temps passé,
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine."*

*Guillaume Apollinaire