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On va dire que je radote.
Tous les ans je dis la même chose.
Mais cette année le confirme encore.
Paris.
18 août.
Il pleut.
La vie va vite.
Pour moi, le manège se met en route, tous les ans, fin mai.
On aspire aux beaux jours.
Au farniente.
La vie folle ralentit un peu.
Grâces aux jours fériés.
Aux ponts, s'il y en a.
Les terrasses de café se remplissent.
Puis arrive la Fête de la Musique.
Paris se remplit de sons.
La Gay Pride.
Paris se remplit de couleurs.
Le 14 juillet.
Paris se remplit de flonflons et de touristes.
Puis Paris se vide des Parisiens.
Les quais de Seine deviennent des plages.
Le Fnac Live emplit les têtes de musiques et accroche des sourires aux lèvres des filles et des garçons.
Et l'aspirateur temporel se met en marche.
Les amis partis en vacances reviennent.
Les vitrines des magasins changent de couleurs.
Aux tons pastel de l'été succèdent les harmonies plus soutenues de la rentrée.
Cartables, gommes, cahiers...
Voilà l'été est presque fini.
Dans un mois l'automne.
Puis, novembre.
L'anniversaire du Nain.
Noël sera en avance, comme chaque année.
Ce temps hémophile que l'on n'arrive pas à stopper.
Ce temps qui fait que de sparents meurent.
Des amis nous quittent.
Des petits nouveaux viennent au monde.
Chacun prend sa place sur le manége.
Y monte.
En descend.
La roue tourne.
Nous avec.
La terre tourne.
Elle tourne les têtes.
Elle tourne la vie.
Puis un jour tout s'arrête.
Paris.
18 août.
Le monde tourne.
C'est pas la fête.
Certains se déchirent au nom de Dieu.
D'un voile.
D'une croix.
D'une idée.
D'un capital.
Certes le manège tourne.
Mais je sens comme des ratés.
Comme une nausée à rester dessus.
Pourtant nous n'avons pas le choix.
Si ce n'est, faire de bons choix.
Mais pour cela, il faudrait que les manèges de nos vies tournent ensemble.
Dans le même sens.
Et ça, je n'y crois pas.
Tout ce dont je suis sûr, c'est que nous sommes le 18 août.
Je suis à Paris.
Il pleut !