coeur

Sont des blessures qui ne se voient pas.
Et souvent, elles font plus mal que les autres.
Car elles ne cicatrisent pas.
Ou plus tard.
Ou jamais.
Pas de mercurochrome pour panser les plaies de l'intérieur.
Ce sont des blessures qu'on croit avoir oubliées au coin d'un bar.
D'une rue.
D'un lit défait.
Puis, parfois, elles ressurgissent.
Elles vous font saigner toutes les larmes de votre corps.
Vous pensez que d'autres garçons, d'autres filles, seront les sparadraps qui vont faire stopper l'hémorragie.     
Vous faites tout pour sauver la face.
Mais un sourire.
Au coin d 'un bar.
D'une rue.
D'un lit qu'on n'aurait pas du défaire.
Vous raménent à la dure réalité, que, ces blessures là qui ne se voient pas seront toujours là.
N'essayez pas de les perdre dans la forêt de la vie, car telles des petits poucets, elles vous renvoient des cailloux à la gueule et vous font comprendre qu'elles seront toujours là.
Orgueilleux que je suis à me jouer la comédie.
Jamais je n'ai guéri.
J'ai oublié.
J'ai pour certains de la rancoeur.
Mais elles sont là, ces blessures-là.
Qui te font mettre un genou bas.
Sous le poids de la peine.
Cette peine qui n'est pas vaine.
Qui coule dans vos veines.
Hypertension affective.
L'orgueil vous aide à tenir le coup.
On joue la comédie devant l'autre.
On l'ignore.
On l'oublie.
On met de la distance.
Jusqu'au prochain.
Plus tard on guérira.
Cela prendra le temps que ça prendra.
En espérant qu'il n'y ait pas un autre coin de bar.
De rue.
Des draps d'un lit défait.
Mais plutôt un joli coin de bar.
Une rue où vit celui/celle qu'on aime.
Des draps.
Un lit.
Des faits.