C'est le Sidaction.
Des gens crèvent encore de cette maladie.
Hier je suis passé dans le Marais.
Les dindes faisaient la fête comme si de rien n'était.
Légèrement vêtues vu la chaleur estival.
Même si en avril on ne se découvre pas d'un fil, ben là hier c'était fil de string à tous les étages et de la méchanceté ambiante comme toujours.
Ambiance bizarre en ce moment sur Paris.
Les gens se regardent, s'investivent, ne se respectent même plus.
Que ce soit au travail ou dans la vraie vie.
Les mots gentillesse, politesse et tolérance auraient comme disparu du dictionnaire.
Tolérance surtout pour nous qui ne sommes pas dans la normalité de la société.
Tolérance.
J'ai toujours apprécié ce mot qui est l'un des principes qui guident ma vie.
Je suis certes moqueur.
Mon métier m'a appris à très vite cerner les défauts de l'autre.
Les petits travers que les imitateurs repèrent et qui feront le succès de leurs sketches.
Bon bref, je me sers il est vrai parfois de tout cela, mais pour rire.
Comme avec ma vieille copine Dominique Mergault.
Ma grande poétesse de la musique virginale...
Oui elle chouinte.
Cela l'énerve, et en même temps nous en rions tous les deux.
En même temps, je ne dépasse jamais avec la mergouille les limites de la méchanceté.
Il a assez de soucis avec sa propre vie, ses amours, sa santé.
J'arrête la moquerie quand je sens que je pourrais le blesser.
La vie n'a pas été cool avec lui.
Ce n'est pas à moi d'en rajouter.
Tolérant disais-je.
Encore plus dans le milieu que je fréquente à cause de ma sexualité.
Les bars gays sont des endroits de relative tolérance.
Pourtant tout le monde y réclame le droit à la visibilité.
Au droit de vivre comme les autres.
Malheureusement ce sont de réels endroits de non tolérance.
J'en veux pour preuve mes sorties du moment;
Je vais de temps à autres dans un bar pour ours.
Bears, devrais-je dire.
Car le milieu, si tolérant soit-il, distingue ses gays en catégories et en endroit à fréquenter dans le cloaque maraisien.
Les crevettes à l'Open Café.
Les virils qui se la jouent au Cox.
Les enrobés vont plutôt au One Way ou au Bear's....
Bon ben voilà une fois que l'on sait cela, on peut si on le veut passer de l'un à l'autre.
Ce que chacun évite, puisque il serait bien trop terrible de ne pas être vu dans le bon bar.
Celui des virils.
En terrasse si possible...
Bon, bref.
Ce qui est fâcheux, c'est que chacun vit sur son territoire en se moquant des autres.
Ce qui est encore plus fâcheux, c'est quand vous passez d'un territoire à l'autre, vous avez l'impression d'être un OVNI.
Certains barmen vont jusqu'à se foutre de votre gueule.
Vous ignorer, vous traiter comme de la merde, car vous n'êtes pas de leur monde.
Pourtant, vous avez le même vie qu'eux.
La même sexualité.
Et voilà pourquoi je ne comprends pas qu'au Bear's den, endroit où l'on devrait être plus que tolérant, parce que bar fréquenté par des personnes plus âgées, donc plus sensées.
Par des ours, donc différents.
Pas forcément sexys avec leurs kilos en trop.
Mais voilà, cet endroit est bien souvent moins tolérant que les bars à crevettes.
Les clients pas toujours sympas.
Certains barmen encore moins.
J'en ai vu refuser de servir les clients ou bien encore les servir en les engueulant.
C'est l'un des rares bars où je vois fréquemment les barmen s'en prendre aux clients.
Les houspiller.
Les moquer.
Pourtant, ces clients payent.
Ne disent rien, et pourtant certains reviennent.
D'autres pas.
La tolérance qui devrait être de mise ici n'existe pas...
Certains de ces clients qui avait eu le courage de sortir et d'aller dans ce genre de bar repartent chez eux avec la tristesse de ne pas avoir été toléré dans un milieu qui revendique tolérance et différence...
mais bon...
J'irai dépenser mon argent ailleurs...
Seul